Jeudi 9 juin – L’exactitude
étant une des
constantes de notre groupe, nous
sommes tous
présents à l’heure dite avec une pensée pour nos
amis qui pour des raisons
de santé, n’ont pu
être du voyage. Vol sans histoire jusqu’à Munich, en car,
nous
aurons une rapide vision
de la capitale de la Bavière, la place de
l’hôtel de ville, les
constructions baroques,
les rues animées et encombrées, les cafés
typiques (une bière
serait la bienvenue)-
arrêt au Château des Nymphes, résidence des
Wittelsbach,
famille
princière qui
régna sur la Bavière de 1180 a 1918. Une suggestion
revenez à Munich
en octobre à la
fête de la bière, l’automne y est magnifique et
l’ambiance aussi.
Après un parcours
de quelques heures, à la tombée de la nuit, nous
rejoindrons
Passau,
ville frontière
entre l’Allemagne et l’Autriche. C’est donc ici que
nous
embarquons sur le
Deltastar, bateau roumain, accueil sympathique,
présentation de l’équipe
d’animation et premier dîner a bord, nos serveurs
roumains sont jeunes, charmants et efficaces.
Vendredi 10 juin - Ce matin,
découverte du fleuve qui
bien sûr n’est
pas bleu mais
brun jaunâtre à
cause du limon qu’il charrie. Il a cependant inspiré
écrivains et
musiciens, notre Jules
Verne aussi, son roman Le Pilote du Danube
raconte le voyage
au fil du fleuve d’un
pêcheur bulgare et patriote en lutte contre les
ottomans sans
oublier Johan Strauss et
son Beau Danube Bleu... Comme ce petit
« carnet de route »
vous parviendra en
Septembre, rentrée des classes oblige, vous n’échapperez
pas a
un mini cours
d’histoire-géo.
« Le
Danube, 2ème
fleuve d’Europe après la Volga
naît au
coeur de la Forêt Noire au
confluent de deux
torrents de montagne, le Berg et
le
Brisach. Long de 2.850 kms, il
est
le seul
grand fleuve européien
à avoir pris la direction
de 1’Orient,
après 1’Allemagne, il
traverse 1’Autriche,
la Slovaquie, la Hongrie, la Croatie,
la Serbie-Monhénégro, la
Roumanie, la Bulgarie
et l’Ukraine et se jette dans
la
Mer Noire par un large delta,
refuge
d’une multitude d’oiseaux..
Ses rives accueillent quatre capita/es,
Vienne,
Bratislava,
Budapest et Belgrade
Le remarquable défilé des Portes
de Fer
s’étire sur plus de 100
kms entre Carpates
et Balkans. Danube en Français,
Danau
en Allemand, Dunav en
Serbo-croate, Danarea
en Roumain, Dunay en Ukrainien, le
second
fleuve d’Europe a
presque autant de
noms qu’il traverse de paysages Depuis
des millénaires, la voie d’eau
sert de chemin
et de repères aux peuples
en mouvement.
Les Indoeuropéens supposés avoir
essaimé de l’Indus
au Danube : grecs et romains d
‘une
part, celtes, germains, slaves
« les peuples barbares »,
d ‘autre part se disputent 1’espace
danubien depuis 1’Antiquité.
Visite de Linz – --Manque--
Dimanche
12 juin - Visite
de Vienne, en cette matinée de dimanche, La circulation est
fluide
et notre
guide nous entraîne dans une valse au tempo rapide sur les pas de
Marie
Thérèse,
François Joseph et Elisabeth -
Ring strass, Opéra, Palais impérial et sa succession de
cours,
pendant cinq sièc1es il a
été
agrandi, du balcon Hitler annonça 1’Anschluss... Arrêt a
la
cathédrale St-Etienne, bel
édifice de style roman et gothique, petite pause qui permettra
la
dégustation d’un café
viennois.
L’après-midi, nous serons a Schönbrunn,
propriété des
Habsbourg de 1569 à la chute de
la monarchie (1918). Avec le règne de Marie
Thérèse,
Schönbrunn entra dan l’ère de
sa splendeur, l’architecte Pacassi lui donna l’aspect qu’il
présente
aujourd’hui à peu de choses près, c’est a l’architecte
Annan
que 1’on doit le
« jaune
Schönbrunn »
de sa façade (1819). Au début du 19ème
sièc1e, le château devient la
résidence d’été des
souverains.
Napoléon y établit son quartier généra1 en
1805 et 1809,
son mariage avec Marie Louise
était censé sceller la paix entre les deux nations. C’est
à
Schönbrunn que Sissi débuta
sa
vie d’impératrice d’Autriche le 22 avril 1854. Au fil de la
visite de ce superbe château en
traversant la « chambre des enfants », une
pensée pour Marie
Antoinette qui quitta la Cour a
15 ans pour épouser le Dauphin de France, on connaît la
suite malheureuse... La grande
galerie et son faste nous rappelle que Versailles a inspiré bon
nombre de souverains. Nous
n’aurons malheureusement pas le temps de découvrir le parc.
Cette journée bien
remplie, s’92t achevée par une soirée viennoise,
musique, chant et danse,
à l’entracte dégustation
d’une
coupe de champagne au clair de lune, La belle vie!
Lundi 13 juin 97 Bratislava, capitale de
la jeune
répub1ique slovaque, carrefour entre
peuples et cultures divers,
a hérité de sa
dernière occupation ses quartiers de style soviétique
mais a cependant garde
son coeur, les quartiers anciens et leurs richesses architecturales.
Tout
d’abord, visite de la forteresse, austère château qui
domine la ville et abrite
aujourd’hui les
services gouvernementaux. Notre
guide, d’un âge certain, manie bien notre langue mais a
tendance à ne pas terminer ses
phrases, d’un pas rapide, il nous entraîne vers la
cathédrale
St-Martin, édifice de style
gothique, les rues et les places bordées de palais et maisons de
style
baroque ou rococo, c’est une
ville pleine de charme que nous découvrons sous le soleil.
Retour au bateau pour un
après-midi de navigation, passage de l’écluse de
Gabcikovo, leçon
de langue et chansons roumaines
au salon bar suivie d’une conférence du journaliste serbe
Branko Masirevic sur le thème
« Peuples et civilisations du Danube », un peu
difficile a
suivre pour des néophytes en
géo politique des pays balkaniques. Ce soir,
personne ne
manquera l’arrivée a Budapest
dont les monuments sont somptueusement illuminés.
Mardi
14 juin - Budapest,
réunion de deux villes, Buda sur la rive gauche qui selon une
légende aurait été
fondée par
un fils d’Attila et Pest, sur la rive droite, cité
commerçante et
industrieuse. Neuf ponts
relient les deux rives. .Après un rapide historique de la
capitale
hongroise, le Diamant du
Danube, notre guide nous fera découvrir les principaux monuments
de la ville : la place des
Héros où trônent les statues des chefs des sept
tribus hongroises, de
l’archange
St-Michel et de quatorze des rois et hommes politiques
importants - le Parlement
construit entre 1884 et 1905
constitue une véritable encyc1opédie de l’histoire de la
Hongrie, sa plus
impressionnante façade donne sur le Danube, 88 statues
représentant rois et
chefs de tribus décorent le
monument - le quartier du château, - le bastion des
Pêcheurs édifié
entre 1890 et 1905 en souvenir
des pêcheurs qui défendaient le rempart offre une vue
superbe
sur le Parlement Cette rapide
visite nous a fait découvrir une ville où l92on aimerait
avoir le
temps de flâner !
Après-midi excursion à
Esztergom et Szentendre. Après un
trajet qui semble long, nous
arrivons à Esztergom, ville qui
vit naître St-Etienne, premier roi chrétien de Hongrie et
résidence du primat de Hongrie.
La basilique aux dimensions démesurées (71,50 m
sous la
coupole) qui s’élève sur
une
colline des rives du Danube a été construite durant la
première
moitié du XIXème siècle
sur le modèle de
St-Pierre de Rome. A
Szentendre, village artisanal
de caractère, la visite et le
shopping se feront au pas de charge, nous sommes attendus, une
soirée folkorique nous est
proposée dans les environs de Budapest, bonne ambiance avec
chants et danses hongrois dans
un cadre agréable. Dommage que nous n’ayons pas pu faire
honneur autant qu’il se devait
au délicieux goulasch, nous aurions dû dîner plus
frugalement
sur le bateau mais nous nous
sommes quand même bien tenus!
Mercredi
15 juin - Journée de navigation, traversée de la grande
plaine hongroise.
Pour ceux qui le souhaite,
Branko propose une conférence « Introduction à
l’histoire des
Balkans ». Sujet
intéressant mais ardu, Branko étant souvent un peu confus
dans son
déve1oppement. Avant le thé
et
les petits gâteaux, leçon de langue et chansons roumaines
avec Thierry.
Jeudi
16 juin - Nous avons
atteint la Serbie Monténégro, nous verrons les traces de
la
guerre à Novi Sad et Belgrade, les
derniers sursauts en
étant les frappes de l’OTAN en 1999
censées obtenir la
démission de
Milosévic.
A Novi Sad (en Voivodine,
province rattachée à la Serbie), visite de l’imposante
forteresse
aux 10.000 meurtrières - notre
cher Vauban est aussi passé par là. Son étendue et
l’importance
de ses bâtiments posent
problème pour son entretien et sa restauration. Elle a
vu, entre autres envahisseurs,
passer les Turcs. A remarquer une monumentale pendule dont
l’aiguille des heures est plus
grande afin d’être visible du fleuve. Les trois ponts de la ville
ont été détruits,
deux sont
reconstruits, subsiste encore un pont de bateaux. Agréable
promenade
sous le soleil dans la ville,
malgré d’importants travaux de voirie, belle église
orthodoxe
St-Georges, place principale et
sa cathédrale néo gothique , beaux hôtels
particuliers, celui de
1’Homme de fer est peint en
orange, un autre rose et blanc est décoré de ruches
symbole
des grands travailleurs.
Après-midi visite de Belgrade,
nous commençons par la découverte à pied de la
forteresse
de Kalemedgan qui domine la
ville et le fleuve, les forteresses sont incontournables dans ces
pays a 1’histoire chaotique.
Belgrade, que peut-on en dire, ville sinistrée par les
bombardements et le manque
d’argent, la ville semble triste, façades
dégradées des maisons
et monuments qui ne demandent
qu’une restauration pour retrouver leur belle allure, il est
vrai que Belgrade en a vu
d’autres puisqu’elle a connu plus de vingt destructions au long
de son histoire. Une petite
heure de liberté , nous permettra de faire quelques achats, de
flâner
ou déguster une boisson à
une
terrasse. Nous dînerons à Skardalija, Montmarte
belgradois,
quartier fleuri et animé, au
restaurant menu local et
chanteurs serbes, sympathique soirée.
Vendredi
17 juin - Nous
quittons la Serbie- et voguons vers le Défilé des Portes
de Fer,
affrontement des eaux avec le
rocher sur quelques 100 kms, entre Carpates et Balkans, le
Danube s’est creusé un chemin
tortueux multipliant méandres et tourbillons. Le
défilé est
resté longtemps le passage le
plus dangereux du fleuve, en 1972, le barrage de Djerdap a
été mis
en service a 1.944 kms de sa
source, de tumultueux, le Danube est devenu un miroir d’eau
presque tranquille. Tous sur le
pont, nous contemplons les gorges encaissées, la succession
des falaises et des rochers par
un temps maussade parfois brumeux, une ambiance à la
Turner !
Branko nous présente sa
dernière conférence « Vie et mort de la
Yougoslavie », notre
journaliste étant serbe son
approche du sujet soulèvera quelques polémiques entre les
participants.
Samedi 18
juin - En route pour Sofia, notre guide est érudite et
charmante, elle nous
retrace l’histoire de son pays dont le peuplement remonte au
paléolithique. En
cette fin de matinée,
nous commençons la visite de Sofia
accueillis par la
statue de facture moderne de
Sainte Sophie
qui veille sur sa ville. Trois
bâtiments modernes de style stalinien attirent notre regard,
ils
abritent les
services gouvernementaux. A proximité du palais
présidentiel, l‘église
St-Georges en forme de rotonde
est un édifice qui remonte au début du christianisme, un
passage souterrain conserve des
vestiges romains, la porte Est de l’antique Serdica, un reste
de mur d’enceinte, un dallage
du V1ème siècle sur lequel nous marchons. Une rue
commerçante nous permettra de
découvrir I9’artisanat local avant le déjeuner. Le
Musée
archéologique, une ancienne
mosquée, nous présentera ses riches collections,
notamment les
trésors des Thraces (1500 ans
avant JC), objets en or destinés au culte ou à l’usage
domestique, bijoux en or
finement ciselés que l’on porteraient encore aujourd’hui Au
gré
de notre promenade, voici
l’église russe St-Nicolas, silhouette élancée et
coupoles dorées et
puis l’église
St-Alexandre Nevsky (Héros russe du X1ème siècle)
construite au début du
20ème siècle en
reconnaissance
de la victoire des Russes sur les ottomans. Cette église peut
contenir 5.000 personnes, le
clocher haut de 50 m abrite 12 cloches. L’iconostase de la nef
centrale est remarquable
(Christ et Vierge a l’Enfant). Note insolite, campagne
électorale
oblige, sur une estrade un
parti politique fait bruyamment sa propagande en musique a deux
pas de 1’église. Retour par la
campagne bulgare, petit arrêt photo:
une cigogne sur son nid dans la
lumière d’une fin d’après-midi.
Dimanche 19 juin -
Depuis Rousse, nous partons vers
Véliko Tirnovo, ancienne capitale bulgare.
Etageant ses maisons
sur trois
collines, la ville a 800 ans d’âge, les maisons à
encorbellements s’agrippent sur
les versants des deux côtés de la rivière Yantra
.La
forteresse nous parait ancienne
mais c’est une reconstruction datant de 1985 assez
impressionnante cependant.
Au village d’Arbanassi, lieu de
séjour des Bulgares, nous visiterons une des curieuses
maisons forteresse entourée de
hautes murailles et aux portes solides afin de se protéger des
incursions turques. Les murs
ont deux mètres d’épaisseur ,les pièces
d’habitation sont
vastes, confortables et
richement meublées la chambre de l’accouchée où
elle restait 40
jours retient notre attention.
L’église de La Nativité du
Christ (16ème/ 17ème siècles) encastrée
dans le sol, très sobre à
l’extérieur, renferme une
véritable galeries de scènes bibliques d’exécution
très réaliste,
elles ont été peintes par
des
artistes anonymes a différentes époques.
Nous serons choyés ce soir, nos
jeunes serveurs ont soigné leur tenue et revêtus le
smoking
pour nous servir ce dernier dîner
.Merci a ces jeunes
Roumains.
Lundi 20 juin - Notre croisière sur le Deltastar
se termine à Oltenita , chantier
Naval important
où a été construit notre bateau. Un au revoir
à l’équipe d’animation et avec
armes et
bagages, départ pour Bucarest. Nous traversons des villages
typiques,
maisonnettes
fleuries
entourées de leur jardin potager. Tout comme en Bulgarie, nous
verrons des
friches
industrielles,
des fermes collectives abandonnées souvenirs du passé et
aussi témoins
d’un avenir
incertain.
Notre jeune
guide évoquera le vif souhait de son pays d’adhérer
à l’union européenne.
A Bucarest, sur
la place de l’Université, il ne manquera pas de nous montrer une
horloge qui
en décompte les
jours, il en restait 56O le 20 juin! Que penser du Bucarest de
Céaucescu,
profitant du
tremblement de terre de 1977, il met en chantier un projet pharaonique
entraînant
la destruction
de bâtiments anciens, le déplacement d’églises, la
modification du tracé des
rues
transformant radicalement la ville ( autrefois appelée le Paris
des Balkans).
Le Palais du
Parlement,
mastodonte au style « composite » a
été construit en 5 ans, de 1984 à
1989, à la
mort du
dictateur 60% de la construction était réalisée,
le nouveau pouvoir achève ce
palais
qui comporte
6.000 pièces sur 12 étages. 300 femmes de ménage,
700 électriciens en tout
3.000 personnes
en assurent le fonctionnement. C’est une jeune architecte de 28 ans qui
a
réalisé ce projet
entourée de 700 collègues et 24.000 ouvriers.
Nous visiterons
une succession de galeries et de salles de style
« éclectique » selon
notre jeune
guide dont,
entre autres, la salle de bal (2.200 m2 de surface, 17 m de hauteur) de
style
néo-
renaissance allemand,
le théâtre de 600 places à la scène
minuscule et sans coulisses.
Tentures et
tapis aux dimensions démesurées ornent les salles. Des
balcons, on domine les
« Champs
Elysées » , avenue de 2 kms de longueur et 71 m
de largeur. Le temps
donnera-t-il
de la classe à
cet ensemble? Après le déjeuner, visite de
l’église Stravopoulos de rite grec,
d’une auberge
ancienne, la statue de Vlad Tépès, Prince de Valachie dit
l’Empaleur
évoque le
personnage de Dracula. Avant de prendre La route de l’aéroport,
un Arc de
Triomphe nous
rappelle que Paris nous attend, la pluie d’orage qui nous a accueillis
à la
sortie du
Parlement récidive de plus belle au moment de quitter le car, il
pleut sur la
ville
comme il pleure
en mon coeur, c’est le poète qui le dit.
Avant de mettre
un point final à ce « carnet de voyage »
plus impressionniste que
didactique,
merci à Georges pour cette agréable croisière
danubienne.
C.C.